Jo Ann von Haff

Romancière polyvalente. Éditrice zen. Pom-pom girl.

☎ Je décomplique, décomplexe et déstresse

Je ne sais pas si vous avez déjà porté des chaînes en or, celles qui sont si fines qu'on aurait dit de la ligne. Les maillons sont si petits qu'ils sont facilement arrachés, et à part un frottement sur le moment, on ne s'en rend même pas compte.
(Après un tour sur Google, ce sont des mailles Figaro.)

Je ne sais pas pour la France, mais dans la culture portugaise, quasiment tous les enfants ont reçu, plusieurs fois dans leurs vies, des chaînes avec leurs initiales ou une croix de baptême en pendentif. Et en Angola, pas mal d'entre nous avons également reçu la carte d'Afrique.
(Jusqu'à l'université, je portais une chaîne (voire plusieurs), et j'ai toujours mes pendentifs à portée de main.) 

Habituellement, on n'utilise qu'un pendentif par chaîne, parce que c'est léger et délicat, c'est presque minimaliste. On peut ajouter plusieurs pendentifs, mais à moins de faire des nœuds (ces mailles sont vraiment fines !), ils sont tous les uns par-dessus les autres.
Ou alors, on ajoute les chaînes les unes aux autres.
Et c'est là que ça devient compliqué.

Ces mailles sont vraiment, vraiment, fines, et un coup de vent, pouf, tout est emmêlé.
Seules, c'est une bêtise.
Dormir avec, une mauvaise idée.
Les ranger toutes ensemble, une condamnation.

Moi, je les garde toutes ensemble.
Normal.
J'ai toujours les premiers chaussons de bébé que j'ai utilisés de toute ma vie, et je les utilise pour garder mes bagues (j'aime les bagues).
Et les chaînes, donc, une demi-douzaine.
Et c'est aussi emmêlé qu'une pelote.
Quand je range, je prends la pelote en mailles Figaro, m'assieds, et pendant une demi-heure, je m'occupe de défaire, chaîne par chaîne. 

Puis je les range encore ensemble au même endroit.
(Personne n'a dit que j'étais normale.)

Ces mailles ne font pas que des chaînes, elles font également des boucles d'oreille. C'est pire.
Une fois, une de mes cousines étaient en train de s'énerver avec ses boucles d'oreille. J'ai juste fait « donne-moi ça, je m'en occupe ».
J'étais dans la voiture, à moitié dans la semi-pénombre, et j'ai commencé à défaire.
Chaîne par chaîne.
Pendant tout le trajet.
En arrivant, j'ai rendu les boucles d'oreille à ma cousine. « C'est fait. »

Je défais donc des nœuds.
Des mailles.
Au cerveau.
Dans votre texte.

Je défais des nœuds, j'aime tirer sur une pointe et voir jusqu'où ça me mène et j'aime régler cette affaire. Je n'aime pas ce qui est compliqué, alors je simplifie. 
J'aime poser des questions et tout déconstruire sur le passage. J'aime savoir « pourquoi », j'aime proposer « et si ».
J'aime ça.

Je décomplique.
Je décomplexe.
Je déstresse.

J'en ai fait mon métier.


Jo Ann von Haff est publiée chez BMR, Bookmark, France Loisirs et Charleston, et a été finaliste du Prix du Livre romantique de 2018. Elle met son expérience de romancière et d éditrice à votre disposition.

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@joannkamar
Luanda, Angola